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    Dewey [VO]

    Dewey
    De : Vicki Myron

    2009 - Hodder & Stoughton

    Contemporain - Biographie

    Resumé

    Qui aurait pu croire que ce chaton, trouvé dans une boîte aux lettres, allait devenir la mascotte de la bibliothèque et changer la vie de toute une ville ? Et pourtant, tous les habitants de Spencer, dans l'Iowa, ont été conquis par Dewey, ce chat qui a su les comprendre, les faire sourire, leur apporter un peu de chaleur et de réconfort.
    Pendant dix-neuf ans, Dewey, facétieux et unique, va attendrir tous les coeurs, même les plus durs, au point de devenir une star mondiale. Une histoire vraie, bouleversante, étonnante.


    Avis

    How much of an impact can an animal have? How many lives can one cat touch?

    La grande surprise de ce début d'été, c'est Dewey. Je n'avais jamais entendu parler de lui avant de lire sa biographie, si je puis l'appeler ainsi. Dewey est un chat de bibliothèque, celle de Spencer dans l'Iowa et il a conquis le monde.

    Il n'a jamais quitté Spencer. Il a passé la majorité de sa vie dans la bibliothèque. C'est devenu sa maison, son royaume. De cette petite ville, petit à petit, son histoire s'est transportée comme le pollen.

    " We're going to have to watch Dewey carefully. There will be ten thousand unhappy people if something happens to him."

    Le début, qui décrit un peu l'Iowa et Spencer, me laissait perplexe. J'attendais la venue du chat. Je lisais un livre sur un chat, mais où était donc le chat? Il ne tarda pas à faire son apparition et je l'ai aimé sûrement tout aussi rapidement que les bibliothécaires. Je voulais entendre parler de Dewey, lire ce que l'auteure avait à me dire à son sujet. Lorsqu'on s'écartait d'un seul coup, pour parler un peu de Spencer, de son histoire ou autre, je ne voulais souvent que retrouver Dewey.

    Once again I realized how special Dewey was. Not just any cat would have this kind of fan club.

    Des petites longueurs, certes, de pars et d'autres seulement. Pas très longues, elles n'encombrent que légèrement la lecture. Ce livre reste un bonbon qui se grignote avec gourmandise et que l'on termine en un clin d'oeil. Un délice pour le coeur.

    Have you ever been lectured by a cat? It's not a pleasant experience. Especially when the cat is right.

    Le fait que l'histoire soit réelle a sans doute joué sur l'effet qu'elle a eu sur moi. J'ai également un chat. J'aime les chats. J'aime les livres. J'ai travaillé en bibliothèque. Comment ne pas me sentir chez moi dans ce roman? Comment ne pas vivre avec eux chaque instant comme si je n'étais qu'un habitant de plus?

    He didn't let a child grab him and hold him in her laps; he chose to spend time with her.

    Je n'ai connu Dewey qu'à travers ces mots et pourtant, il m'a touché. On ne peut qu'aimer ce chat qui délivre tant de joie et d'amour autour de lui. Ce récit fait du bien. Ce livre sans prétention donne de l'espoir.

    He always seemed to know what I wanted, but unfortunately that didn't mean he was always going to obey.

    Tout est dit et expliqué simplement. On raconte des faits. Vicki nous donne sa vision, son ressenti et fait partager son lien unique avec Dewey. On découvre comment un simple chat, un simple animal dans la bibliothèque d'une petite ville, a pu aider, apaiser, amuser, réconforter, faire sourire, etc. des milliers de personnes. Et tout ça, juste en étant un chat qui aime la compagnie humaine.

    Humans forget. Not cats.

    Your humans must realize that all boxes that enter the library are yours. It doesn't matter how large, how small, or how full  the box should be, it is yours !

     


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  • Lavinia
    De : Urula K. Le Guin

    2011 - L'Atalante

    Comme Hélène de Sparte j'ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient : la mienne, en refusant d'être donnée, d'être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L'homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre.

    Dans l'Enéide, Virgile ne la cite qu'une fois. Jamais il ne lui donne la parole. C'est la voix de Lavinia, fille du roi du Latium, que nous fait entendre Ursula Le Guin. Les présages disent qu'elle épousera un étranger venu d'au-délà des mers et qu'ils poseront les fondations d'un grand empire à venir. Enfui de Troie mise à sac, à l'issue d'un long périple, Énée remonte enfin le Tibre...


    Je me souviens de ce livre, de cette histoire qui fut un cadeau. Un autre livre que j'ai mis de côté bien longtemps, peu tentée de prime abord par le résumé pour, le jour de la lecture, découvrir à quel point ce livre est incroyable.

    Ici, dans les terres de l'Ouest, nous sommes un peuple rude, né du chêne comme on dit ; les esprits s'échauffent aisément, les armes restent à portée de main.

    Cette histoire est liée à Virgile, inévitablement. À ce grand poète qui n'a fait que citer Lavinia, à qui Ursula K. Le Guin a donné une vie entière. Ne rien connaître de l'oeuvre de Virgile n'est en aucun cas un handicape pour la lecture, bien que cela puisse enlever quelques surprises et clin d'oeil. Je n'avais pas lu Virgile. J'en ai envie maintenant.

    Je suppose que je suis une femme de mon peuple, faite de chêne. Les chênes peuvent certes se briser, mais ils ne ploient jamais.

    L'histoire nous plonge loin en arrière, peu après la fameuse guerre de Troie. Je conserverai à jamais une affection particulière pour ces temps anciens et n'ai eu de ce fait que peu de mal à me familiariser avec le décor. Un décor particulièrement bien dépeint par l'auteure qui a dû faire de nombreuses recherches pour en arriver là. Beaucoup de détails nous sont donnés sur la vie de tous les jours, les rites, les habitudes et la vie de manière générale. Pour autant, rien n'est lourd, rien n'est technique. Tout est simplement dit et s'insère comme il se doit entre les lignes.

    Pourquoi, pourquoi laisser une fille grandir chez elle pour que, le reste de sa vie, elle soit une femme en exil?

    En revanche, les sauts dans le temps sans crier gare m'ont décontenancée au début. Etant donné que je n'étais pas arrivée au même point que le saut dans le temps, je peinais quelque peu à comprendre et à replacer la scène. Je pensais même qu'il s'agissait là de rêves ou de présages !

    Lavinia est une jeune fille mature et réfléchie. Fille de roi, elle prend pourtant le temps de grandir comme tout enfant, en pleine liberté. Une liberté acquise à laquelle elle tient énormément, même lorsque l'âge du mariage approche.

    J'avais joui d'une grande liberté : j'avais donc redouté le jour où je la perdrais.

    Je suis triste pour ce personnage. Aussi triste qu'elle a dû se sentir désarmée en rencontrant le poète. Le poète lui a raconté une belle histoire, une histoire qu'il ne pourra pas finir, un récit dans lequel elle existe sans jamais qu'il ne l'ait faite parler. Lavinia va connaître son destin et ce dont les lendemains seront fait. D'un côté, elle tient tête pour sa liberté, de l'autre, elle accepte sans problème son futur et le préserve.

    Je n'avais pas appris que la paix irrite les hommes, qu'elle leur inspire, si elle dure, une rage impatiente, et que, même lorsqu'ils implorent les dieux de leur accorder la paix, ils travaillent contre elle et s'assurent qu'elle sera rompue, remplacée par la bataille, le massacre, le viol, l'immense gâchis.

    Le futur n'adviendra pas sans que guerre n'aie lieu, l'occasion pour l'auteur de partager des réflexions sur celle-ci. Elle a utilisé des mots qui ont résonné en moi, de ces mots qu'elle manie si bien depuis le début de la lecture. Rien n'est agressif, hâté ou violent. Tout est en douceur, calme et sérénité.

    Sans guerre il n'y a pas de héros.

     


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  • 1984

    1984
    (Nineteen Eighty-Four)
    De : George Orwell

    2008 - Penguin

    Du même auteur :
    La ferme des animaux

    Challenge :
    50 livres à lire avant de mourir

    De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face.

    BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.

    Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.
    Seule comptait la Police de la Pensée.


    WAR IS PEACE
    FREEDOM IS SLAVERY
    IGNORANCE IS STRENGTH.

    Je sais enfin d'où vient le fameux "Big Brother" ! Encore une connaissance qui me permettra de mourir moins bête. Et comme je suis sympa, je vais partager mon savoir avec vous.

    Big Brother, c'est le chef du Parti. Il est au pouvoir, c'est son visage que l'on a placardé partout avec ses yeux si perçants qu'on a l'impression qu'ils nous suivent.

    The face gazed up at him, heavy, calm, protecting : but what kind of smile was hidden beneath the dark moustache?

    Dans sa société, il n'y a plus d'intimité. Les gens sont sous constante surveillance. On a inventé le "télécran" pour ce faire. Winston est familier avec cet appareil qui retranscrit toutes les informations tout en nous écoutant et nous surveillant. Impossible d'échapper à la vigilance de Big Brother, que l'on soit dans la rue, au travail ou chez soi.

    One does not establish a dictatorship in order to safeguard a revolution; one makes the revolution in order to establish the dictatorship.

    Quand on sait enfin la vérité sur l'origine de ce nom, on se rend compte du lien qu'il y a avec la fameuse émission de télé-réalité du même nom. Et personnellement, je ne pense pas que c'était très fin de leur part...

    Bien qu'étant une figure incontournable, Big Brother n'est pourtant pas l'homme sur lequel va se centrer l'histoire. On suit Winston, homme lambda qui n'a rien de bien particulier si ce n'est qu'il est capable de penser. Penser n'est pas interdit en soi, aussi longtemps qu'on a des pensées allant dans le sens de la société établie. C'est à dire : ne la contredire d'aucune façon. Si une pensée contre le Parti vient à traverser notre esprit, on commet un "toughcrime" (crime de la pensée).

    In Oceania there is no law. Thoughts and actions which, when detected, mean certain death are not formally forbidden, and the endless purges, arrests, tortures, imprisonments and vaporizations are not inflicted as punishment for crimes which have actually been committed, but are merely the wiping-out of persons who might perhaps commit a crime at some time in the future.

    La société de Big Brother contrôle tout et est véridique. C'est un point particulier très important. S'il déclare un fait, cela veut dire que ce fait a toujours été établi. Par exemple, s'il déclare qu'il y a moins de chômage et que les gens sont plus heureux, c'est véridique. Si, pour ce faire, il doit falsifier les statistiques de cette année et des années précédentes, il le fera. Et on ne parlera pas de falsification. Ce sera déclaré comme étant la vérité et que ça a toujours été ainsi.

    And if all others accepted the lie which the Party imposed - if all record told the same tale - then the lie passed into history and became truth.

    C'est d'ailleurs le travail de Winston, dans le département des archives. Pour convenir à toute déclaration du Parti, il doit sans cesse modifier tout autre journal, article... du passé afin que ce qui y est écrit soit en accord avec le présent.

    Tout cela est normal. Nous sommes en 1984

    The past was dead, the future was unimaginable.

    The past was erased, the erasure was forgotten, the lie became truth.

    Que devient Winston dans cette société, lui qui commence à avoir des pensées contradictoires avec les déclarations du Parti? Se cacher est la solution. Cacher son esprit, le verrouiller.

    Nothing was your own except the few cubic centimetres inside your skull.

    Avec Winston, on va réfléchir, on va espérer, on va rencontrer des gens avec la peur d'être pris à tout instant.

    Je tire mon chapeau à Orwell pour sa fin, car il m'avait fait envisager bien des possibilités, sauf celle qu'il a choisie.

    The horrible thing about the Two Minutes Hate was not that one was obliged to act a part, but that it was impossible to avoid joining in.

    J'ai aimé qu'Orwell prenne le temps de présenter cette société, son fonctionnement et la vie banale de Winston. On est ainsi réellement à l'intérieur.

    Ce que j'ai préféré, malgré tout, c'est encore l'annexe sur le "Novlangue" (ou Newspeak), cette langue qui a été conçue dans la société de Big Brother et qui est en pleine évolution. Un langage minimalisé au possible afin que les gens ne disposent plus des mots pour aller à l'encontre du Parti.

    It's a beautiful thing, the destruction of words.

    1984 est un livre qui reste en mémoire après l'avoir lu, c'est indéniable.

     


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  • Matiens, go home !

    Martiens, go home !
    De : Fredric Brown

    2011 - Folio SF

    Enfermé dans une caban en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d'inspiration, invoque désespérément sa muse - de toute évidence retenue ailleurs - quand soudain... on rappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d'un désinvolte "Salut Toto !".

    Un milliard de Martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d'une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d'envahir la Terre. Mais comment s'en débarrasser?


    Si les peuples de la Terre n'étaient pas préparés à la venue des Martiens, c'était entièrement leur faute.

    Avec un résumé pareil, je m'attendais à une histoire drôle. Je dis bien drôle. Pas juste amusante mais drôle. Je m'attendais à rire ou au moins à sourire à plusieurs reprises. J'ai peut être bien ri une fois. Une seule.

    Je pensais manger un peu plus de Martiens, de ces êtres qui font vivre un enfer aux humains. Lire plus de blagues, de situations cocasses. Il y en a bien, juste pas assez à mon goût. Ou pas assez par rapport aux attentes que j'en avais.

    Leur seul but : tout savoir sur tout et se montrer aussi intolérable que possible.

    Pour autant, ce livre n'est pas ennuyeux. La preuve : Il m'a fallu moins de 24h pour le finir. En ce moment, ça relève de la prouesse !

    Si rapidement parce que le livre n'est pas si épais que ça, que les chapitres sont nombreux et, il faut bien l'avouer, ça se lit aussi facilement qu'on tartine du beurre (à condition d'avoir sorti celui-ci du frigo auparavant).

    L'auteur est allé plus loin que de simplement écrire une histoire cocasse où les Martiens seraient de vrais petits démons. Il va réussir, à mesure de la progression, à nous plonger dans l'incertitude tout en conservant son ton amusant qui lui est propre.

    Psychologiquement, les Martiens se ressemblaient encore plus que physiquement, mis à part quelques variations d'ordre secondaire (il y en avait quelques-uns qui étaient encore pires que les autres).

    Les Martiens, je les aime en tant que lectrice parce que je ne les subis pas. Ils sont petits, indisciplinés, ne savent pas tenir leur langue et arrivent à vous pousser à bout sans même déblatérer d'énormes vulgarités. Ils sont dégoûtant et vicieux. L'auteur les décrit en fait très bien lui-même :

    Mais tous, autant qu'ils étaient, se montraient acariâtres, arrogants, atrabilaires, barbares, bourrus, contrariants, corrosifs, déplaisants, diaboliques, effrontés, exaspérants, exécrables, féroces, fripons, glapissants, grincheux, grossiers, haïssables, hargneux, hostiles, injurieux, impudents, irascibles, jacasseurs, korriganesques. Ils étaient lassants, malfaisants, malhonnêtes, maussades, nuisibles, odieux, offensants, perfides, pernicieux, pervers, querelleurs, railleurs, revêches, ricanants, sarcastiques, truculents, ubiquistes, ulcérants, vexatoires, wisigothiques, xénophobes et zélés à la tâche de faire vaciller la raison de quiconque entrait en leur contact...

     Entre le petit Martiens de compagnie et le chat, mon choix et vite fait !

    Seuls les chats, passé les premières expériences, s'accoutumèrent à leur présence et la supportèrent avec un calme olympien. Mais les chats, comme chacun sait, ont toujours été des êtres à part.

     La fin est tout aussi appréciable que le reste du roman. L'auteur a su en faire une qui me permet de rajouter ce livre à la liste des livres avec un retournement à la fin. Pas aussi exceptionnel que d'autre, mais bien quand même !

    Une lecture très légère et rapide en somme, qui montre les Martiens sous un nouveau jour. Le tout garanti 0% romance !

     


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  • Orgueil et préjugés
    De : Jane Austen

    2004 - 10/18

    De la même auteure : 

    Northanger Abbey

     

    Challenge :
    50 livres à lire avant de mourir

    Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.


    Après plusieurs lectures que je qualifierai de "contemporaines", une joie immense m'a traversé en ouvrant Orgueil et préjugés. Il ne faut pas se leurrer : c'est beau. Le style est merveilleux, le vocabulaire utilisé un régal. Je n'ai rien contre les romans d'aujourd'hui. Je regrette juste parfois qu'ils emploient un langage trop "familier" ou trop "banal". Plus aucune recherche littéraire. Parfois, ça me manque de lire un bon roman bien écrit. Jane Austen répond sans problème à ce type d'attente. Alors, envie d'une belle plume?

    La vanité et l'orgueil sont choses différentes, bien qu'on emploie souvent ces deux mots l'un pour l'autre ; on peut être orgueilleux sans être vaniteux.

    Et si on couplait l'écriture à l'histoire en elle-même? Quel genre d'équation on obtiendrait?

    - Ceux qui ne changent jamais d'opinion doivent naturellement veiller à juger du premier coup sans se tromper.

    Élément principal de cette opération : Elizabeth. C'est une jeune femme. Je suis une jeune femme. Rapprochement facile, non? Ce paramètre joue. J'accroche énormément à un personnage principal me ressemblant et si en plus elle est dotée d'un fort caractère, j'ai touché le gros lot. Avec Lizzy, j'ai eu le premier prix de la loterie ! Elle est intelligente, elle arrive à tourner ses phrases afin de lancer des piques ou faire part de son mécontentement certain sans pour autant être agressive (à l'exception de sa fameuse réponse à la proposition de Darcy). Elle est aussi courageuse et fière d'elle-même. Si elle ne l'était pas, elle n'aurait pas pu posséder cette prétention de refuser des demandes en mariage au vue de sa situation.

    - Vous vous trompez tout à fait ; mes réflexions étaient d'une nature beaucoup plus agréable : je songeais seulement au grand plaisir que peuvent donner deux beaux yeux dans le visage d'une jolie femme.

    Pour tout cela et bien plus, j'admire Elizabeth. Elle a beau être celle concerné par les "Préjugés" du titre, elle n'en reste pas moins ouverte d'esprit, tâche qui est plus ou moins difficile selon le contexte. Ce type de personnage est comme un modèle pour moi. Je regrette de ne pas avoir fait sa rencontre plus tôt !

    Ne me prenez pas pour une coquette qui prendrait plaisir à vous tourmenter, mais pour une personne raisonnable qui parle en toute sincérité.

    Et Darcy ! Ce cher Mr Darcy !

    - Il est certain que, de ces deux hommes, l'un possède les qualités et l'autre en a l'apparence.

    Je n'en suis pas tombée follement amoureuse. Charmée, je le suis. Je ne pouvais rester totalement indifférente à un tel homme, surtout lorsqu'on apprend à le connaître. L'orgueil est son défaut premier. Un défaut qu'il peut bien se permettre d'avoir et qu'il arrive à justifier auprès du lecteur. Quel charisme ! Peu bavard, mystérieux, pas si présent que cela, je ne cessai pourtant d'attendre après lui. J'avais hâte de le retrouver.

    Il lui arrivait souvent de rester dix minutes sans ouvrir la bouche, et, quand il parlait, il semblait que ce fût par nécessité plutôt que par plaisir.

    Leur histoire d'amour est belle à faire rêver. Non pas pour le côté "Elle est d'un statut social plus bas que le sien pourtant ils sont ensemble". Plutôt parce qu'ils prennent le temps. Alors qu'aujourd'hui tout est instantané et rapide, ces personnages laissent le temps s'écouler, le temps à leurs sentiments de mûrir, de grandir. Et c'est tout à fait normal dans leur société.

    [...] puisque nous voyons tous les jours que les jeunes gens qui s'aiment se laissent rarement arrêter par le manque de fortune, comment pourrais-je m'engager à me montrer plus forte que tant d'autres en cas de tentation? Comment, même, pourrais-je être sûre qu'il est plus sage de résister?

    Pour autant, le roman n'est pas lent ou ennuyeux. Il est passionnant. Je réalise que c'est un livre que je garderai toute ma vie dans ma bibliothèque (je changerai juste l'édition, histoire d'en avoir une toute belle !)

    Mettez-vous à l'école de ma philosophie, et ne retenez du passé que ce qui peut vous donner quelque plaisir.

     


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