• L'Épée de Vérité T1 :
    La Première Leçon du Sorcier

    De : Terry Goodkind
    Editeur : Bragelonne

    13 volumes (terminé)

    Genre : Fantasy

    "Il faut penser à la solution, pas au problème..."

    Jusqu'à ce que Richard Cypher sauve cette belle inconnue des griffes de ses poursuivants, il vivait paisiblement dans la forêt de Hartland. Elle ne consent à lui dire que son nom : Kahlan.  Dès le premier regard, il sait qu'il ne pourra plus jamais la quitter. Or, elle vient des Contrées du Milieu, territoire séparé de Hartland par une frontière infranchissable ! Et elle n'est pas venue seule. Désormais, le danger rôde dans la forêt. Des créatures monstrueuses suivent les pas de l'étrangère.

    Seul Zedd, le vieil ermite, ami de Richard, peut lui venir en aide... mais ce faisant, il risque de bouleverser le destin du jeune homme. Car Zedd n'est autre que le grand sorcier, réfugié en Terre d''Ouest, que Kahlan vient chercher. Ensemble, les trois compagnons vont s'opposer au tyran Darken Rahl qui règne à présent sur les Contrées du Milieu. Rahl est un fou sanguinaire qui projette de détruire le monde à l'aide d'anciens artefacts, les boîtes d'Orden. Pour tenter de l'arrêter, Zedd fait de Richard le "Sourcier" en lui remettant la légendaire Epée de Vérité. Cette épée lui donne le pouvoir dévastateur de rendre justice, mais l'arme est à double tranchant, car Richard éprouvera la souffrance de tous ceux qu'il tuera...

    Ainsi commence une extraordinaire quête à travers les ténèbres.
    Au nom de l'amour. À n'importe quel prix.

     

    Le début du roman est très stéréotypé. Énormément. C'est bâteau à souhait pour toute personne qui a déjà lu de la fantasy dans sa vie. On suit simplement les codes de base et il n'y a absolument aucune surprise quand on découvre qui est Zedd ou qui est désigné sourcier (en même temps, c'est même révélé dans le résumé). Du coup, on s'ennuie un peu pendant toute cette partie.

    Fort heureusement, elle ne dure pas. Elle ne s'étale pas sur la moitié du livre, ni même sur le tiers. C'est très rapide. Lorsque la quête contre Darken Rahl est lancée, l'histoire débute véritablement. Le plaisir avec. Ce fut un régal pour mon imaginaire.

    Mon chat mange des souris. Est-il maléfique pour autant? Ce n'est pas mon avis, ni celui du matou, mais je parie que les souris ne partagent pas cette opinion.

    Pourtant, j'ai eu beaucoup de mal à lire ce premier tome. J'appréciais l'histoire et m'y plongeais en quelques mots. Mais quelque chose me bloquait. La lecture me pesait. J'aurais préféré que quelqu'un me le lise ou qu'on me montre directement un film, comme si mon cerveau trouvait trop difficile de prendre le temps de lire. Aucune idée. Je ne saurais même pas dire si ça vient du livre ou de ma propre personne à cet instant. Ce qui est certain, en revanche, c'est que j'ai fini par totalement me plonger dedans sans plus avoir à compter les pages, même si ce ne fut que dans la deuxième moitié du roman.

    On suit Richard Cypher, forestier qui devient sourcier. "Sourcier", il n'y a que moi pour avoir trouvé ce terme étrange la première fois que je l'ai lu? Dans ma tête, j'associais ce mot au bonhomme qui cherche de l'eau avec une baguette de bois, forcément, ça coinçait un peu avec ce qu'entendait Terry de "Sourcier". Alors je me suis penchée sur le mot d'origine : Seeker, en anglais, qui signifie très exactement "chercheur". Richard est en fait un "Chercheur de vérité". Ma tête fut ensuite beaucoup plus satisfaite et ne se troubla plus à la lecture du mot "sourcier". Un petit détail qui ne touchera sans doute que moi, mais le mot est quand même employé tout du long !

    - Fichtre et foutre, Richard, c'est exactement ça ! Fiston, tu ferais un excellent sorcier.
    - Merci, mais j'ai déjà un métier pourri...

    Le pouvoir de Richard m'échappe d'ailleurs un peu. Il paraît qu'il a le "don" mais c'est étrange car je ne le perçois pas comme un réel pouvoir magique, plus comme du charisme. Lancer des boules de feu, oui, c'est de la magie. Faire gober un mensonge, non, ce n'est pas un sort. Mais au cours de la lecture, je ne m'en offusquais plus. C'est peut-être la traduction qui a rendu les choses ainsi, comme le petit bug mental sur le mot "sourcier". Qui sait. Je n'irais pas le relire en anglais pour vérifier mes hypothèses. J'ai bien aimé l'histoire, mais pas au point de la relire ( et en plus je n'aime pas relire une histoire que je connais déjà).

    Sinon, Richard est un personnage bien sympathique, tout autant que le sont Kahlan et Zedd, chacun avec sa propre personnalité. Zedd est le rigolo. Ça fait du bien de l'avoir au milieu de Richard et Kahlan, il donne un peu de légèreté aux situations. Bien que question légèreté, Richard s'en sort plutôt bien aussi une fois qu'il quitte ses contrées. Étant donné qu'il ne connaît rien aux terres de D'Hara, il aura des idées et actions aux allures insensées aux yeux des habitants. Comme manger un fruit à la peau rouge. Un fruit à la peau rouge ! Vous vous rendez compte? Quel dingue ce Richard !

    Richard ne se demandait pas s'il fallait tuer ces hommes, mais s'il pouvait courir le risque de les épargner.

    Kahlan est quand même beaucoup plus intéressante je trouve. Parce que, elle, elle a un véritable pouvoir. Et toc ! En plus, il est super puissant son pouvoir. Elle met tous les hommes à ses pieds d'un seul contact physique. Et les femmes aussi en fait. Tout le monde. Kahlan est une menace constante qui pèse sur Richard. Si elle ne fait pas attention, il peut à tout moment être touché par son pouvoir et perdre son individualité pour ne plus être qu'un pantin. Tout au long de leur périple cette menace pèsera sur eux, et surtout sur le coeur de Kahlan. On le ressent chaque jour qui passe.

    Me parurent également intéressants des personnages de passages. On les voit peu, ils apparaissent puis disparaissent, ou restent mais sur une petite période seulement. Le premier en ligne de mire, c'est Samuel, celui qui est avec la voyante. Un monstre qui parle. Il réclame son épée, l'épée de vérité que porte Richard. C'est son épée ! Il la veut ! Tout comme Gollum réclame son précieux à Frodon. J'ai trouvé le passage assez amusant juste parce que j'avais l'image de Gollum en tête. Enfin, un Gollum en beaucoup, beaucoup plus bête.

    En somme, [la magie] c'est comme les gens : on reste aussi loin que possible de certains, et on a beaucoup de chance de connaître les autres.

    Et sur la fin de l'histoire, un autre personnage a attiré mon attention : Écarlate, la dragonne au sacré caractère. Mais que dire ! Elle est fabuleuse ! J'adorais ses répliques. Elle n'y va pas de main morte avec le Sourcier, mais elle a quand même un coeur. Un coeur de dragon mais un coeur tout de même. Et elle a une énooorme fierté. Une fierté de dragon rouge. Écarlate est tout bonnement merveilleuse. Je ne me lasse pas d'elle, même si elle est loin d'être très présente dans le roman.

    Après Samuel en version Gollum et la dragonne bien léchée, une mention pour les Mord-Sith, qui sont... très particulières. Surtout celle qu'on rencontre, adepte du SM. Il faut dire qu'elles aiment la douleur et faire des autres leurs petits chiens, et parfois leurs compagnons... De la douleur, du sang, des bleues et des cicatrices... miam !

    - Un locataire? répéta Écarlate en le foudroyant du regard. (Elle plaça sa gueule dans l'ouverture et cracha un enfer de flammes.) Eh bien, à présent, il n'y en a plus... Va chercher mon oeuf !

    Les inquisitrices ont aussi capté ma curiosité. Leur pouvoir, leur histoire, leurs vies, les contraintes... Tout est fascinant et on boit les informations qui sont données. Tout comme le peuple d'Adobe ! Leur culture, leur façon de vivre isolés de tous et leur refus de se mêler au reste du monde, leurs coutumes... Je suis avide de toutes ces nouveautés que je n'avais vues nulle part ailleurs.

    Cependant, je ne le suis pas assez pour poursuivre l'aventure. Le premier tome était très agréable, mais dispose de façon relative d'une fin en soi. Un élément est laissé en suspens, le seul qui ferait que j'aurais envie de poursuivre l'aventure car il intrigue énormément. Sinon, non. Le nombre de tomes me rebute aussi un peu je dois avouer. J'ai déjà eu du mal à venir à bout des 650 pages (environ) du premier volume, je serais totalement suicidaire de me lancer dans la suite de la série. Autant profiter de la "presque" fin qui m'est offerte au premier volet pour m'arrêter là.

    Il n'empêche que j'en garde un bon souvenir. Un très bon même. Pour toutes les découvertes que j'ai faites et pour ce monde passionnant peuplé de personnages aussi captivants les uns que les autres.


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  • Voyageurs T1 : La Cité des Rêves

    Voyageurs T1 : La Cité des Rêves

    De : Emilie Zanola
    Editeur : VFB éditions (ebook)

    3 volumes (terminé)

    Genre : Fantasy

    "Mais qu’est-ce qui te fait croire que tu sauras différencier le réel du rêve ?"

    Dans les histoires, on parle souvent d'élu(e) ou de personnage spécial. Je dois dire que je me sens un peu comme ces personnages aujourd'hui, car j'ai eu la chance de faire partie de ceux qui ont reçu un jour le livre d'Emilie Zanola, le premier volume de la série Voyageurs : La Cité des Rêves. Cette chance, je la dois au forum Lecture-Imaginaire et surtout aux éditions VFB qui ont proposé ce partenariat. Je fus toute excitée à la lecture même du résumé et l'étais encore et plus le jour de la réception de l'ouvrage. Le livre refermé, je l'étais encore bien plus avec un grand sourire béat et des étoiles dans les yeux. Alors du fond du coeur, je remercie VFB éditions et Lecture Imaginaire car j'ai pu prendre un immense plaisir à lire cette histoire :

    Liana est une jeune femme à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Abandonnée dans un jardin public vers l’âge de quatre ans, elle s’inventera des vies au travers de ses rêves plus qu’étonnants…

    À l’université de Chambéry où la psychologie y est dispensée, elle rencontrera un groupe d’amis et surtout Gab, un jeune homme venant d’une famille étrange et riche, qui saura la séduire…

    Un jour, un grimoire, un rêve et son destin va être bouleversé. Un monde secret lui sera dévoilé, celui de la Cité des Rêves. Elle n’est autre qu’un Voyageur, un être capable de naviguer au cœur même des productions chimériques des humains. Cette histoire improbable se mêle à la réalité et son tuteur onirique, Naël, tentera de lui inculquer leurs règles dans ces deux mondes.

    Des cauchemars, des missions, des meurtres, un voyage en Italie et Liana accepte enfin la réalité…

    Carl Gustav Jung, un des précurseurs de la psychologie, a dit :

    « En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers les rêves et nous fait savoir qu’il nous voit bien différemment de ce que nous croyons être. »

     

    Ainsi commence la saga « VOYAGEURS »…

      

    Rien d'étonnant à ce que je me sois ruée dessus et que j'ai sautillé comme une puce quand on lit le résumé, non?

    Ce qui m'a toujours paru anodin dans les autres ouvrages m'a ici interpelé : la France, le pays dans lequel se situe la plus grande partie de l'action. Lire des noms de lieux, de villes ou d'organismes qui me sont connus et peuvent faire partie de mon quotidien m'a procuré un étrange sentiment. Chambéry, Annecy, SNCF, CROUS... Qui ne connait aucun de ces mots? Ils m'ont ancré dans la réalité, dans le monde réel, car ils en font partie. De ce fait, j'ai d'abord cru que ce serait un frein à l'imaginaire, que je n'arriverais pas à totalement m'immiscer dans l'histoire à cause de ces éléments qui sont eux bien réels. Un blocage qui n'aura pas duré. Je tiquais dessus systématiquement puis mon esprit s'y est fait, réalisant que ce n'était pas un mauvais point du tout.

    Mon imagination s'est retrouvée aidée par ces éléments. Je ne suis jamais allée à Chambéry, mais j'ai déjà vu des chambres du CROUS et pris le train. Je n'avais donc pas de mal à me créer mon propre film, à dessiner les lieux dans mon esprit. Tout s'imbriquait tout seul. Et à mêler le réel à l'imaginaire, j'ai eu l'impression que des choses fantastiques pouvaient vraiment arriver dans notre monde, autour de nous. Un sentiment agréable de se dire que juste à côté, qu'en dehors de mes quatre murs, il peut se passer des choses fabuleuses. Il ne suffit que d'un grain d'imagination...

    Ce que l'auteure possède de toute évidence ! Je me suis joyeusement laissée emportée par ses phrases tout au long des pages. J'ai eu des phrases sur lesquelles je butais parfois, dont le sens ne me percutait pas immédiatement, ou dont la ponctuation me titillait. Une question d'habitude à prendre je suppose. Habitude que j'ai finie par avoir à mesure que ma lecture avançait. Je refaisais ma propre ponctuation mentalement lorsque j'en avais besoin, ce qui n'arrivait pas très souvent. Si je devais compter les phrases qui m'ont réellement arrêté dans ma lecture pour les relire et en comprendre le sens, elles tiendraient sur les doigts d'une main. Un petit désagrément de rien du tout en somme, mais un désagrément tout de même.

    Chers voyageurs,
    Vous venez de trouver ce livre, il est important d’être seul au moment de sa lecture. Un lourd secret y est dévoilé et vous êtes concernés, vous Naoçiens. Vous n’avez certainement jamais entendu parler de nous, pourtant si vous me lisez aujourd’hui, il n’y a aucun doute, votre vie va changer.

    Puis arriva Liana, deuxième point qui fit que j'ai facilement accroché au roman. On est à l'université, elle a une vingtaine d'années. Elle est entre l'adolescence et l'âge adulte, ce passage entre les deux qui n'est pas forcément évident pour tout le monde. J'ai un âge proche, ce qui aide. Et ça me fait énormément de bien de lire une histoire suivant les aventures d'une étudiante ! Généralement, ce sont les lycéens ou les collégiens qui se retrouvent au centre de telles histoires. Pas ici. Ce qui permet à l'auteure de toucher un autre public.

    C'est malheureusement avec Liana que j'ai aussi pu constater une incohérence de l'histoire. Elle a une vingtaine d'années, précise qu'elle est née en 1994 et, un jour, il est dit qu'on est en septembre 2012. Un petit décalage de deux années qui aurait presque pu passer inaperçu, tout autant que les quelques coquilles encore présentes dans le texte. 

    Puisque je suis avec Liana, autant avancer encore un peu en sa compagnie. J'aime son prénom qui semble sortir d'un autre monde. Comme celui de Naël. À côté, ceux de Jess, Sarah, Pierre ou Gab font plus terre à terre. Un autre moyen de mélanger le réel et l'imaginaire à mes yeux.

    Liana a beau ne pas avoir de famille, elle s'en est très bien accommodée. Elle ne pleure pas à chaque fois qu'elle y pense ou qu'elle évoque ce souvenir. Elle n'en a pas de toute manière. Elle ignore totalement qui est sa famille, raison pour laquelle elle la cherche. J'apprécie le fait qu'elle n'ait pas d'attaches, qu'elle soit libre au point de prendre un train du jour au lendemain pour partir en Italie. Il en faut du courage pour ça !

    Bien qu'elle possède du courage, je l'ai trouvé perdue à un moment. Enfin, elle l'était vraiment. Liana a su passer ce cap, mais je n'ai pas trop su comprendre comment. Elle a eu, à mon goût, un revirement trop soudain. Hésitante un long moment, elle s'est lancée dans une direction sûre d'elle alors qu'elle était encore totalement confuse la veille. J'ai trouvé cela brutal et sans réellement d'explications.

    « Lui ? Un prof ? » s’étonna Liana. Il n’avait pas le physique de l’emploi. Son look décontracté, ses cheveux bruns décoiffés, son physique de mannequin ne le rendaient pas crédible.

    Liana est aussi sérieuse, studieuse... jusqu'à ce que Gab apparaisse. Elle a beau ne rien connaître en amour ni avoir eu de relation auparavant, je n'ai à aucun moment eu l'impression de lire quelque chose de "niais". Et, même s'ils sont en couple, les projeteurs sont loin d'être braqués sur eux, le livre a des intrigues plus importantes à mettre en avant !

    Comme ces histoires de rêves et de voyageurs par exemple. Je n'avais qu'une seule crainte avant de me lancer dans la lecture. Une toute petite crainte : que ces histoires de rêves et de voyageurs ne ressemblent au manga Dreamland. Un ouragan se pressa d'emporter ma faible inquiétude ! On en est loin ! L'auteure nous plonge dans un monde de rêves totalement passionnant. Liana bondit du rêve d'un humain à un autre, aussi facilement et rapidement que je tournais les pages du livre. J'avais vraiment l'impression d'être dans des rêves, aussi proches du réels ou fous soient-ils. Ils ressemblent tant à ceux qu'on peut avoir la nuit !

    Mais les rêves ne sont pas tout. Il y a la Cité des Rêves aussi, où se trouvent tous les voyageurs. Les voyageurs sont intéressants au plus haut point. Ce qu'ils sont réellement, les "pouvoirs" qu'ils semblent posséder, leur mission, leur cité et la façon d'y vivre... C'était un régal d'en découvrir plus avec Liana. À chaque nouvel élément il y a de nouvelles interrogations qui font surface. Et là, on attaque un point fort du roman.

    Le mystère plane tout du long. Lors de la lecture, plusieurs éléments sont donnés au lecteur. J'ai l'impression de n'avoir que des pièces d'un puzzle qui ne vont pas ensemble. Gab est étrange depuis le début. Par sa conduite, par ses absences, ses coups de fil... Mais on ne sait rien. Sarah également intrigue, de même que Liana elle-même ! Qui sont les responsables de certains faits? Certains voyageurs cachent des secrets sans qu'un seul indice soit dévoilé...

    J'ai beau avoir de forts penchant pour certaines réponses, mon esprit a beau me dire "c'est ça !", je n'arrive pas à le suivre les yeux fermés. C'est comme si je savais à 99% certaines réponses, sans pouvoir jamais atteindre les 100%. Seule l'auteure possède le dernier pourcent. Ce n'est que lorsqu'elle révèle les choses noir sur blanc que je peux savoir quelle est la vérité absolue.

    — C’est quoi ce délire, comment t’es entré dans ma tête bordel !

    Quelque part, c'est terriblement frustrant de se retrouver devant tant de questionnements. D'autre part, c'est une grande qualité de l'histoire. Car, bien que ces mystères planent, qu'il y en ait de nouveaux à chaque chapitre, tout ce qui est écrit ne semble pas là pour "combler" ou rallonger le roman en vue d'éviter de tout dévoiler au grand jour trop tôt. Non. L'histoire avance tout le temps. À croire que tout ce qui est dit est important et peut générer des indices. Les temps morts n'existent pas vraiment. Comment cela pourrait-il être possible quand on voyage chaque nuit dans les rêves?

    Arrivée à la toute dernière ligne, j'étais complètement retournée. Je n'ai certes pas pleuré ou ri durant la lecture, peut-être ai-je souri à un moment ou à un autre, mais j'ai été transportée. Littéralement. Mes tripes étaient prises. Et je dois dire que ça fait un bien fou de tomber sur une lecture qui m'emporte à ce point. Un bien que je dois à Emilie Zanola, que je remercie sincèrement pour avoir écrit cette histoire. Surtout que ces lectures sont malheureusement pour moi très rares (la dernière remonte à l'été précédent, il y a 6 mois). Je les apprécie donc d'autant plus quand j'ai la chance d'en avoir. Et je les partage !

    Pour la seule raison d'avoir été chamboulée, d'être folle à la fin parce que je voulais dévorer la suite, de crier partout "mais c'est trop bien !" lorsque la lecture était en cours et de me sentir comme sous les effets d'une fabuleuse drogue qui s'appellerait Voyageurs, j'aurais envie d'en faire un coup de coeur. Vraiment. Juste à cause de petites notes négatives, je ne peux pourtant pas. Et ça me torture, parce que ce livre le mérite tellement !

    La meilleure des nouvelles est encore pour la fin : Ce n'était que le premier tome, la suite arrivera ! Chouette !


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  • Le Magasin des Suicides

    De : Jean Teulé
    Editeur : Pocket

    Genre : Comédie

    "Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !"

     Je suis comme tout le monde : je possède des lacunes. J'ai pris la décision il y a de cela quelques temps déjà d'essayer de combler ces lacunes culturelles que je possède. Essayer. Parmi celle-ci se trouvait la méconnaissance de Jean Teulé qui pourtant n'est pas un inconnu. Pour preuve, il est l'auteur de quinze romans déjà ! Il est même tellement connu que ma bibliothèque possède deux ouvrages de lui ! C'est dire à quel point j'en avais entendu du bien.

    Pour ma première découverte de Jean Teulé, j'ai lu Le Magasin des Suicides. On pourrait dire que c'est une valeur sûre. Ce roman a été traduit dans plusieurs langues et bénéficie également d'une adaptation BD en plus d'une adaptation en film d'animation. Que d'engouement autour d'un titre ! Autant dire qu'il y en a pour tous les goûts. Que l'on soit plutôt images animées, images tout court ou plutôt texte brut, on trouve son bonheur. De quoi permettre à un très large public de découvrir cette fabuleuse histoire qu'est celle du Magasin des Suicides.

    - [...] On ne dit pas "au revoir" aux clients qui sortent de chez nous. On leur dit "adieu" puisqu'ils ne reviendront jamais.

    Comme l'indique le titre, il sera question de suicide. Un sujet assez délicat en soit. On ne se promène pas dans la rue en clamant à haute voix qu'on a prévu d'en finir avec la vie. Jean Teulé n'a pas pris un angle dramatique pour traiter la question mais une direction toute opposée : L'humour. Et au vu du sujet, nul doute qu'il s'agit là d'humour noir. Si vous êtes totalement réfractaire à ce type d'humour, je ne pense pas qu'il serait bon d'envisager la lecture de ce roman. Pour les autres, en revanche, sautez dessus ! Bien que ce soit de l'humour noir, ce n'est pas pour autant sordide, morbide ou malsain mais plutôt comme une bonne dose d'ironie et de dérision de la situation. Et il faut en avoir pour imaginer une telle famille !

    - Les statistiques de l'an dernier : un suicide toutes les quarante minutes, cent cinquante mille tentatives, douze mille morts. C'est énorme...
    - Oui, c'est énorme, le nombre de gens qui se loupent.

    La famille Tuvache tient depuis des générations ce fabuleux magasin des suicides. Il se transmet de génération en génération. C'est l'héritage. Et on ne fait pas que transmettre le magasin : C'est tout une philosophie qui est léguée. Le suicide, ils l'ont dans le sang. Ils rêvent tous de pouvoir mettre fin à leurs jours, ce qui leur est interdit puisque sinon plus personne ne serait là pour s'occuper du magasin. Les parents tiennent le magasin avec passion. Ils sont ravis de pouvoir trouver la façon de se suicider qui convienne à leurs clients. Et ils sont fiers ! Si fiers ! Si un client les invite à leur enterrement, c'est une joie immense ! Et puis, se suicider avec un article du magasin, c'est faire de la pub pour celui-ci, c'est bon pour le commerce.

    Ainsi, Madame Tuvache fait très attention à ses clients, tout autant que son mari. Ils éduquent leur enfant dans cette même philosophie. Cela commence par leurs prénoms, qui n'ont pas été choisi au hasard. Puis, en grandissant, on leur apprend la noirceur de la vie. Les dessins à l'école sont lugubres et la mère est ravie. La fille prend l'adjectif "jolie" comme une insulte. Elle est moche et ça lui plait ! Le fils, de son côté, est le créatif de la famille qui imagine de nouveaux moyens de mettre fin à ses jours.

    Allez, fais des cauchemars, ce sera plus intelligent.

    Cette famille respirant le désespoir et la désolation de la vie a pourtant un problème majeur : Alan, le petit dernier. Bien qu'élevé dans une atmosphère et avec des valeurs aussi funestes que ses frères et soeurs, Alan est empli d'une explosante joie de vivre. Ses parents ne se laissent pourtant pas démonter et tentent tant bien que mal de faire intégrer leurs valeurs à ce fils têtu. Sauf que la présence de ce joyeux trublion semble faire opérer quelque changement autour de lui : Et si la joie était contagieuse?

    - Ah, celui-là, avec son optimisme, il ferait fleurir un désert...

    L'histoire peut conquérir par son humour, son sujet qui fait réfléchir et donnerait envie d'être heureux tout comme par le style d'écriture de son auteur. Le format du Magasin des Suicides est tel qu'il se lit d'une seule traite. Il est composé de nombreux chapitres courts. Quelques pages à chaque fois. Chaque chapitre représente une scène. Il se passe quelque chose systématiquement. Les longues descriptions n'existent pas. C'est concis, directement à l'essentiel. De la même façon, on ne s'arrête jamais longuement sur un personnage pour étaler ses états d'âme ou ses réflexions. Tout est dit sans s'étaler. Je pense que ces choses sont dû au fait qu'il ait travaillé dans la BD et que ce format n'autorise pas vraiment ce genre d'étalage de texte "inutile" (si je puis dire pour le cas présent). Le récit ne comporte pas de lourdeurs de ce type et il est constamment en mouvement.

    Quant, à l'école, on lui a demandé ce qu'étaient les suicidés, il a répondu : "les habitants de la Suisse."

    Ce qui peut par contre embêter un peu le lecteur, c'est l'effet "balance" comme je l'appelle. Au début, la famille ne jure que par le désespoir et va inévitablement changer à cause d'Alan. En contrepartie, l'humour va évoluer aussi. Il est très présent au début quand la famille campe sur ses positions. C'est à ce moment que l'absurde peut le plus avoir lieu. Et ça va s'effacer peu à peu. Malheureusement. J'aurais aimé avoir de l'humour noir jusqu'au bout. Je me rends cependant compte qu'avec le chemin que prend l'histoire, il était difficile de garder la même dose jusqu'au bout.

    Mais tout ceci n'est que du détail voyons ! Ca n'enlève en rien le plaisir de cette lecture qu'on dévore en une bouchée et dont on redemande ensuite. J'ai vraiment hâte de lire un autre titre de l'auteur.


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  • Passeport pour le Groenland

    Passeport pour le Groenland : journal d'un chercheur de coincoins

    De : Sébastien Laurier
    Editeur : Elytis

    Genre : Voyage

    "Je suis un chercheur de coincoins"

     

    Je ne suis ni un aventurier, ni un explorateur, ni un businessman, ni un promeneur. Je veux juste marcher et observer. Je suis un chercheur de coincoins.

    Habituellement, je n'emprunte pas de romans à la médiathèque, parce que j'ai tendance à être longue à la lecture, à moins que l'histoire ne me passionne véritablement. Mais ce titre échappa à mes habitudes. Il a réussi à se frayer un chemin jusque chez moi, armé de son courage et de ses promesses de voyage. Ce qui m'a fait changer d'avis, surtout, c'est sa taille compacte et le peu de lecture qu'il contenait véritablement. Il avait toutes les qualités pour finir dans mon sac. Et moi qui suis avide de voyage et d'évasion vers de nouvelles terres, j'étais bien curieuse quant à lire un carnet de voyage, d'autant plus sur le Groenland, une ile qui n'est pas la destination première de tout vacancier, ou voyageur. Franchement, vous vous êtes déjà dit "Tiens, je partirai bien faire un trip au Groenland cette année !". Sébastien Laurier oui.

    Il découvre un jour un projet de la NASA. Ce dernier impliquait des canards en plastique jaune, comme ceux que l'on trouve parfois dans le bain des enfants. La NASA a lâché plusieurs coincoins dans les glaciers du Groenland pour mesurer la fonte de ceux-ci. Seulement, aucun coincoin n'a jamais été retrouvé. Sébastien, curieux et voyageur, partit donc à leur recherche.

    Une quête n'est ni une compète ni une conquête. Dans conquête, il y a deux mots : con et quête. La conquête, c'est la quête con. Dans le mot compète, il y a con et pète. La compète, c'est un peu con mais c'est quand même rigolo.

    Notre aventurier surnomme les petits canards en plastique des coincoins. Un terme mignon, enfantin et drôle. De quoi mettre également le lecteur plus à l’aise, l'impliquer davantage, le rendre plus familier avec sa quête et lui-même. On se sent comme ami avec Sébastien lorsqu'il utilise des termes aussi familiers.

    En même temps, c'est un carnet de voyage. Une sorte de journal intime qui ne parle que du voyage mené. Il est donc normal que le ton employé soit familier. Qui s'amuse à faire de grandes phrases, mettre des "vous" et bien écrire dans un journal? Comme si c'était notre préoccupation première au moment de l'écriture !

    Dérisoire bout de plastique au fond d'une poche, coincoin n'en est pas moins mon compagnon et je me sens responsable de lui.

    Par contre, à des moments j'aurais préféré que Sébastien prenne un peu plus le temps d'écrire. Je ne souhaite pas en avoir plus que le livre qu'il a écrit déjà, juste que par moment, un petit mot en plus n'aurait pas fait de mal. Je pense principalement aux pronoms personnels, surtout ceux en début de phrase. Très souvent, il est sauté. Par exemple, on a plus "Je n'ai pas fait..." mais directement "ai pas fait". C'est minime, je l'accorde. Mais sur l'ensemble du livre, par moment, ça manque cruellement, alors qu'à d'autres, ça passe.

    Comme un canard en plastique, les choses peuvent me glisser dessus sans m'atteindre.

    Ce que j'ai par contre grandement apprécié dans ses écrits, c'est qu'il a totalement évité le passage de déprime. Déprime du temps, le moral dans les chaussettes à force de ne rien trouver, être découragé... Et surtout lorsqu'il commence à se rendre compte des maux des habitants vivants ici, de ce qui ne va pas dans la ville. Quand on commence à passer un peu de temps au même endroit, on finit par se rendre doucement compte de la réalité. C'est une bonne chose de réaliser les choses. Mais le carnet de voyage de Sébastien ne s'y prêtait pas. L'idée était d'en faire une aventure drôle, pas d'y mettre de la compassion ou d'y décrire sa tristesse temporaire. Là-dessus, c'est une très grande réussite.

    Comme les neiges, nos rêves ont fondu. Mais les neiges reviennent. Pourquoi pas nos rêves?

    La mise en page "carnet de voyage" est quant à elle exceptionnelle. C'est beau ! Si beau qu'on s'y croirait. Le fond de page est le papier d'un passeport. On voyage déjà à peine le livre ouvert. On y trouve en plus de très nombreuses illustrations qui achèvent de nous transporter. Le tout colle parfaitement avec le fait que Sébastien ne s'étale pas dans son carnet (contrairement à moi). Il ne relate que des faits et arrive à être concis, ce qui accentue davantage cette idée de voyage, comme s'il n'avait pas véritablement le temps d'écrire à chaque fois tant il avait à faire.

    Tous les enfants reçoivent une poche de bonbons. Pas moi. C'est trop injuste.

    Revenons-en à une chose importante : Les coincoins. C'est une idée folle. Folle et tellement fun que j'aurais eu la même réaction que les gens qu'il a rencontré au Groenland. La quête des coincoins est tellement incongrue qu'on a envie de le suivre immédiatement, suivant notre instinct de chasseur de trésors.

    Arrivée à la fin, je suis restée perplexe. D'un côté, j'ai regretté que ce n'ait pas été romancé pour avoir un peu plus d'aventures et de coincoins. D'un autre, j'apprécie vraiment le côté véritable de ce qu'il raconte. C'est ainsi que ça s’est passé et pas autrement. Il n'a pas cherché à en rajouter juste pour que des gens soient satisfaits. Mais là, ce n'est que moi qui n'arrive pas à me décider.

    Quoiqu'il en soit, Sébastien m'aura fait voyager dans un pays gelé où je n'aurais jamais pensé mettre les pieds auparavant. Et en plus, j'ai terriblement eu l'envie de partir à la chasse aux coincoins.


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  • The Adventures of Flash Jackson

    The Adventures of Flash Jackson

    De : William Kowalski
    Editeur : Black Swan

    Genre : Young Adult

     

    Un ovni dans ma bibliothèque. 

    La veille de ses seize ans, Haley tombe du haut d'une grange et se casse la jambe. Elle est alors contrainte de passer son été au repos, ce qui ne plait guère à notre jeune fille qui a l'habitude de passer son temps dehors. L'ennui la guette inévitablement. Par chance, c'est dans ce moment qu'elle fait la rencontre de Miz Powell, une voisine revenue dans leur village après de très longues années d'absence. Elle en apprend également plus sur sa grand-mère, une femme mystérieuse que tout le village appelle "sorcière". En décidant d'aller vivre avec elle, Haley découvrira qui est réellement sa grand-mère.

    Conscience, when it exists, is a powerful master.

    Bien qu'Haley soit le personnage principal et la narratrice, le personnage le plus intriguant de l'histoire et le plus passionnant n'est autre que sa grand-mère. C'est une vieille femme qui vit seule, à l'écart des autres maisons, au milieu des bois, sans électricité ni eau courante. Son mode de vie n'a pas changé depuis des décennies. Et elle intrigue. Le monde extérieur s'interroge sur sa façon de vivre, notamment par rapport à son âge. Les enfants du village sont aussi intrigués et la respectent. Ils reconnaissent qu'elle est spéciale.

    Peu d'informations nous seront pourtant données sur cette personne. La mère d'Haley évoquera brièvement son enfance, expliquant qu'il était difficile pour elle de vivre dans la nature en tant qu'enfant. La voisine, Miz Powell, dira que la grand-mère est mystique. Seule la grand-mère détient ses secrets. Pourtant, même à son contact, Haley et nous n'en apprendrons que peu. Sa langue se déliera une nuit, une seule. Et nous n'en savons pas assez au final. Nous ne savons quasiment rien, n'avons pas de réponses à nos interrogations à son sujet et n'en auront jamais.

    Cette mystérieuse grand-mère, qui semble être le point central du roman, n'apparaîtra pourtant qu'au troisième tiers du roman, ce qui correspond à la deuxième partie, soit à peu près vers la page 200 sur les 350 du livre. C'est loin. Très loin. Mais que raconte-t-on avant? Pas grand-chose. La rencontre d'Haley avec Miz Powell, Haley va nous parler de Franck, un voisin avec des problèmes mentaux mais qui est un ami très cher, et aussi d'Adam et de sa famille. Des personnages secondaires qui nous sont introduits et présentés.

    But me - well, you'd have to do worse than act crazy to scare me off.

    Miz Powell est elle aussi un personnage très intriguant. Les passages où elle est présente sont quelque peu plaisants et on en apprend beaucoup. J'avais du respect pour elle et l'appréciait. Jusqu'à la deuxième partie de l'histoire. Elle sortira un discours à Haley sur le passage à l'âge adulte, ce qui est l'essence même du livre. Pourtant, elle le fait en parlant de Lilith, une femme serpent, et son discours semble totalement fou. J'ai eu l'impression qu'elle avait perdu la raison à cet instant.

    À côté de ces personnages, l'histoire peut être qualifiée de tout un tas d'adjectifs. Notamment de "tordue". Haley, jeune fille de son village saine de corps et d'esprit, va devenir totalement folle. Hippie conviendrait peut être mieux. Elle va soudainement faire corps avec la nature, vivre dans les bois seule, se balader toute nue partout et parler aux arbres qui l'entourent. Psychologiquement, elle a de mon point de vue totalement perdu pied. Cette partie est folle au plus haut point. Le virage est trop important et je n'arrivais pas à croire ce que je lisais.

    If you spend enough time in the company of a tree, you can get to know it, just like a horse or a man or a dog.

    Le second adjectif qui conviendrait le mieux à cette histoire, c'est ennuyeuse. Je pense que le problème vient là du style de l'auteur. Haley a des émotions et le roman semble en avoir. Il y a tout de même un mort dans le lot. La mort d'un personnage dont on parle longuement. Haley elle-même en souffre. Lectrice, je n'ai rien ressenti. Pas de peine pour ce mort, ni de compassion pour la souffrance d'Haley. Seul l'ennui demeurait, toujours plus présent à mesure que les pages défilaient.

    Pour résumé le tout, The Adventures of Flash Jackson est très long à démarrer. L'écriture de l'auteur ne transmet aucune émotion au lecteur, qui finit par souffrir d'un terrible ennui.  Ce qui aurait pu être intéressant dans le roman est totalement évincé et, lorsqu'on bascule dans la seconde partie, plus rien ne va. La folie s'empare de l'héroïne, puis de sa voisine... J'ai été optimiste jusqu'au bout mais rien à faire. Quand c'est nul, c'est nul.

    Soyez rassuré, ce roman n'a pas été traduit en français.


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