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    Sa majesté des mouches / Lord of the flies


    VO : Lord of the flies
    William Golding

    1996 - Faber & Faber

     

     

     

     

    Sa majesté des mouches

     

     

    Une bande de garçons de six à douze ans se trouve jetée par un naufrage sur une île déserte. L'aventure apparaît aux enfants comme de merveilleuses vacances : ils se nourrissent de fruits, se baignent, jouent à Robinson. Mais il faut s'organiser et, suivant les meilleures traditions des collèges anglais, ils élisent un chef... Un grand roman d'aventures, mais surtout un magnifique roman d'apprentissage de la vie en société avec ces règles et ses cruautés.

    Éprise de lecture en VO, je me suis attaquée confiante à Lord of the flies. Ma confiance s'est effritée rapidement tant j'ai craint de louper une information fondamentale. J'ai cru que le livre, traitant d'enfants et souvent lus par ces derniers dans les écoles, allait seulement sous entendre les horreurs qui pourraient se passer sur l'île. Je me retrouvais à l'affût du moindre sous entendu, chose totalement inutile puisque William Golding narre explicitement ce qui se passe.

    "Rescue? Yes, of course ! All the same, I'd like to catch a pig first -" 1

    De jeunes enfants livrés à eux-même sur une île. Aucun adulte. Aucun autre être humain présent sur l'île. L'organisation se met en place. Ils sont tous de bons sentiments, ils veulent tous aller de l'avant et s'en sortir. Leur concentration étant volatile, leurs décisions collectives prennent difficilement vie et les bonnes intentions s'envolent au profit de la paresse.

    The greatest ideas are the simplest. 2

    D'un côté, les "petits". C'est à peine s'ils sont nommés tant ils sont perçus comme du superflue pour les autres. De l'autre, les "grands", ceux qui décident, ceux qui réfléchissent, ceux qui agissent.

    Ils vont tous ensemble tâcher de créer un ensemble cohérent le temps de trouver secours. Un bon moyen d'observer l'évolution d'humains civilisés seuls dans l'inconnu, perdus au milieu de nulle part.

    " [...] You voted me for chief. Now you do what I say." 3

    Le roman va se mettre en place peu à peu. Le crash n'est pas narré. Le lecteur se retrouve directement avec les enfants après que l'accident aie lieu. Les tensions se créeront entre les personnages, liées aux divergences d'opinions.

    The island was getting worse and worse. 4

    La place de chef se dispute, l'intérêt premier n'est plus le même aux yeux de tous. Les enfants vont se perdre lentement vers la sauvagerie qui va prendre le pas sur leur humanité, dirigés par un chef sanguinaire qui ne pense qu'à la chasse.

    Une certaine folie va s'installer, différente selon les personnages. Elle sera telle que la cruauté dont seront victimes certains ne sera pas même reconnue comme telle par tous.

    "I'm frightened. Of us. [...] " 5

    Ce livre est fascinant pour ce qu'il montre. L'évolution vers un état de sauvagerie est prenant. Les dernières pages ont été folles, mon coeur battait à tout rompre avec celui du personnage. Je craignais pour lui. Et tout cela infligé par des enfants !

     

     


    1 : " Se faire secourir? Oui, bien sûr ! J'aimerais quand même attraper un cochon d'abord -  "

    2 : Les meilleures idées sont les plus simples.

    3 : " [...] Vous m'avez élu chef. Maintenant faites ce que je dis. "

    4 : L'île allait de plus en plus mal.

    5 : " Je suis effrayé. De nous. [...] "

     


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    La Couleur Pourpre


    Alice Walker

    2012 - France Loisirs

     

     

     

     

    La couleur pourpre

     

     

    Géorgie, années 30. Le parcours de Celie, abusée par son beau-père à quatorze ans, mère de deux enfants, puis mariée à un homme qui la bat. Dans ses lettres à sa sœur, elle confie sa misère puis l’espoir qui renaît avec l’amour.

    Cette lecture m'a fait réaliser mon affection pour les histoires concernant les gens de couleurs en Amérique. Leurs combats quotidiens m'inspirent.

    Dans La couleur pourpre, c'est Celie qui est au centre de l'attention. On ne parlera pas de rapports entre les noirs et les blancs. L'esclavage n'est déjà plus. Alice Walker raconte le récit de gens de couleurs, tout simplement.

    Moi j'me bats pas. Je fais ce qu'on m'dit. Mais j'suis encore vivante.

    Bien que l'esclavage soit derrière, les femmes ont encore du chemin à parcourir. Le traitement des hommes peut s'apparenter à cela à certains égards. Celie en est un bon exemple : violée par son beau-père, ses enfants volés, battue par son mari, travaillant à la maison et dans les champs... C'est une femme docile qui se contente de survivre.

    - C'est pas parce qu'on se quitte que la vie est finie, tu sais.

    Jusqu'à sa rencontre avec Shug, une femme libérée qui tient tête aux hommes et se fait respecter de ces derniers. Entre cette dernière, Sofia, l'affirmée, et son intelligente sœur Nettie, Celie va évoluer de façon spectaculaire. Une évolution qui prendra des dizaines d'années avant de se faire mais dont la finalité est bien là.

    - Y z'ont le culot d'vouloir nous faire croire que l'esclavage, ça a raté à cause de nous.

    Ce livre est décriant pour les droits de la femme. Les personnages (Celie, Nettie, Sofia et Shug) sont hauts en couleurs, chacune possédant sa sensibilité et se soutenant les unes les autres. De leur regroupement va naître dans leurs cœurs les droits de la femme.

    Qui voudrait d'une femme qui en sait autant que son mari? fulminent-ils.

    Leur chemin ne sera pas facile. Les confrontations seront parfois terribles tant les hommes ont plus de droits qu'elles.

    Le livre, présenté sous forme de lettres écrites par Celie va se voir apporter le point de vue de Nettie dont la vie est foncièrement différente de celle de sa sœur. Leurs épreuves seront bien différentes dans la vie.

    Une femme, c'est fragile. Ca a le droit de pleurer. Mais pas de prendre les choses en main.

    J'ai beaucoup aimé avoir eu une vision de l'Afrique à ce moment. Ces gens qui ont donnés en esclavage les leurs pour ne pas les accepter quand ils reviennent. Leurs pensées, parfois si similaire à celle des blancs, est très intéressante à voir.

    C'est pas parce que je l'aime que ça lui retire ses droits.

    J'ai eu envie de me lever et d'affronter avec elles les injustices qu'elles ont observées ou vécues. Alice Walker m'a rappelé violemment qu'il n'y a qu'un siècle à peine, les femmes n'avaient que peu de droits.

     


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    Guinevere, la dame blanche


    Jean-Louis Fetjaine

    2014 - Fleuve

     

     

     

     

    Guinevere, la dame blanche

     

     

    Lorsque Arthur épouse Guinevere de Carmelide, le royaume de Camelot semble retrouver un peu de l'éclat ancien, du temps de l'alliance entre les elfes et les hommes. Merlin met cependant le roi en garde : la beauté et l'apparente fragilité de la jeune reine cachent une nature bien plus effrayante, dont son nom véritable, Gwenwyffar, "Blanc Fantôme" est le sombre présage. Alors que des armées de monstres, qu'on croyait vaincues à jamais, se répandent de nouveau sur les terres des hommes, Camelot s'enfonce peu à peu dans la guerre, les complots et les trahisons. Entre la Dame Blanche et le mage d'Arthur, un combat s'engage pour la survie du royaume.

    Une part de moi restera éternellement attirée par les légendes arthuriennes, tout comme elle l'est de robin des bois. Guinevere m'a offert une nouvelle vision de l'histoire d'Arthur et de la Table ronde.

    Arthur est déjà Roi. Déjà âgé pour un homme de son époque et profondément aimé de son peuple. Il ne vit pas comme un noble reclus dans son château dédaignant la populace. Il est dehors avec ses hommes, il aide à la reconstruction de son château et est en première ligne des combats. Son seul problème concerne l'avenir, lorsqu'il ne sera plus là alors qu'il n'a aucun héritier.

    Pourquoi ne l'avait-on plutôt étranglée dans son sommeil, au lieu de la faire vivre ainsi privée du moindre amour?

    À ses côtés, j'ai redécouvert Lancelot. Il est à mes yeux le personnage le plus énigmatique du récit. Présent en permanence aux côtés du Roi, il conserve un calme épatant. Peu bavard, ses mots peuvent se faire précieux et totalement absents lorsqu'il s'agit d'évoquer son passé. L'auteur va fournir quelques informations et me rendre plus curieuse encore sur cet homme.

    Mais quand un homme vient d'égorger vos dames de compagnie et que son armée massacre votre escorte, on écoute sans le contrarier.

    Celui que j'aurais cru partout par habitude, c'est Merlin. Tel le vent, il va et vient, sans prévenir ou crier gare. Libre comme l'air il vagabonde, tel le reflet de son coeur. Lassé de déjouer le destin pour voir un rêve d'antan se réaliser, il est devenu davantage un spectateur ne bougeant un pion que de-ci, de-là.

    Ce rêve de pouvoir qui ne cessait jamais de diviser les hommes.

    Le titre du roman se porte pourtant sur un autre personnage encore : Guinevere, la (futur) femme d'Arthur. La Reine de Camelot. Une jeune femme au fort caractère qui n'a pas sa langue dans sa poche. Son arrivée aux côtés du Roi va tout faire basculer pour le royaume. Sa présence et son évolution mènent l'histoire à son terme. La dernière page du livre remet entièrement en cause Guinevere, le genre de manœuvre qui me plait tout particulièrement.

    Ici, donc, pas de quête de Saint Graal ou d'Excalibur. L'auteur ne se concentre pas sur le début de son règne ou ses quêtes épiques, plutôt sur la fin du règne d'Arthur.

    Ce qui comptait avant tout, c'est qu'il y ait la guerre.

    Un ingrédient manque encore à ce tableau : la fantasy. Inextricablement lié à la légende, l'auteur propose une version dans laquelle je me suis plongée rapidement. Pas de dragon présent, en revanche des elfes, des orcs, des gobelins, l'évocation de nains disparus... Le tout en conservant précautionneusement les traits de la légende arthurienne et ses personnages : les demi-sœurs d'Arthur, ses neveux, la dame du lac... Une fois que j'ai commencée à faire quelques recherches, j'ai été sidérée de faire les liens avec Guinevere et de réaliser la fidélité qui existe.

    Comment pouvait-elle être si peu humaine, pour ne jouir que de sa cruauté?

    Passionnant pour son sujet, raconté par un passionné retranscrivant si bien son amour, Guinevere m'a donné envie de me rapprocher des autres livres de Jean-Louis Fetjaine qui semblent s'entre-lier.

    La seule question qui restera en suspend pour le lecteur est : Qui manipulait qui?

     


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    Paulo Coelho

    1996 - J'ai Lu

     

     

     

     

    L'Alchimiste

     

     

    Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d'une quête spirituelle. 'L' Alchimiste' est le récit d'une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Dans le désert, initié par l'alchimiste, il apprendra à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. 

    Accompagnée de ce livre lors d'une randonnée de plusieurs jours, j'ai fait un très bon choix. Quoi de mieux, lorsqu'on avance et découvre ce qui nous entoure que de lire un livre racontant la même chose? J'ai dû faire attention à ne pas le lire trop vite afin de pouvoir en profiter chaque jour (au final, je ne l'avais même pas terminé lorsque la randonnée s'acheva).

    C'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.

    L'Alchimiste est un conte. Un conte relativement long, sachant que je n'ai eu l'habitude que du format servi aux enfants. Paulo Coelho m'a offert une version adulte de ce genre, un régal pour mon être.

    Si tu t'en vas en promettant ce que tu ne possèdes pas encore, tu perdras l'envie de l'obtenir.

    C'est un livre pour aller de l'avant, ne pas baisser les bras ou abandonner. Santiago, une fois sur le chemin de sa quête, ira jusqu'au bout. Il doutera, il prendra le temps de réfléchir et de dévier mais reviendra sur le chemin de sa quête. L'histoire se déroule tranquillement, le temps s'écoule, le lecteur le sent et le sait. Pas de précipitation dans l'écriture ou la narration. Les personnages prennent leur temps.

    C'est dans le présent que réside le secret; si tu fais attention au présent, tu peux le rendre meilleur.

    Ce temps, qu'on laisse passer à son rythme, fait transparaître un trait apaisant lors de la lecture. Je me suis sentie bien chaque fois que je plongeais dans ce livre, emportée par la tranquillité du récit.

    Il devait se décider, choisir entre quelque chose à quoi il s'était habitué et quelque chose qu'il aimerait bien avoir.

    Qui plus est, de nombreux enseignements sont dispatchés aux travers des pages. Beaucoup de pensées et de réflexions sans qu'aucune lourdeur ou longueur viennent perturber le cours du récit. L'auteur donne une idée sans partir en explications dessus. Mon cerveau n'a cessé de se sentir interpellé chaque fois qu'une réflexion était donnée, comme s'il était important que j'en prenne note car ce sont des mots toujours d'actualité.

    "Le mal, dit l'Alchimiste, ce n'est pas ce qui entre dans la bouche de l'homme. Le mal est dans ce qui en sort."

    Santiago va voyager de son Espagne natale jusqu'aux pyramides de ses rêves, rencontrant nombre de personnes en chemin. Toutes ses expériences lui permettront d'atteindre son but. L'inconnu est le terrain d'apprentissage le plus vaste qui soit.

    "On aime parce qu'on aime. Il n'y a aucune raison pour aimer."

    Le chemin parcouru est d'ailleurs ce qui compte le plus, comme on peut souvent l'entendre. Paulo Coelho ne se prive pas d'enseigner à son espagnol que le chemin parcouru est plus important que la fin en soi.

    Une quête commence toujours par la Chance du Débutant. Et s'achève toujours par l'Epreuve du Conquérant.

    Je suis plus que ravie d'avoir pris la peine de lire ce livre jauni sorti de la bibliothèque familiale. Une bonne découverte que je garderai dans un coin tout particulier, proche du Petit Prince.

     


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    Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut


    Mitch Albom

    2006 - Pocket

    Du même auteur :

    Le passeur du temps

     

     

     

     

    Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut

     

     

    Pendant des années, Eddie, 83 ans, a veillé au bon fonctionnement de la fête foraine. Comble de l’ironie, c’est ici qu’il vient tout juste de mourir, écrasé sous la nacelle d’un manège alors qu’il tentait de sauver la vie d’une fillette…
    Arrivé dans l’au-delà, il se retrouve embarqué sur un vaste océan multicolore et multiforme où, comme dans un rêve éveillé, il va faire cinq rencontres bouleversantes et déterminantes : Marguerite, son amour perdu, mais aussi son ancien capitaine d’infanterie, une vieille femme aux cheveux blancs, un mystérieux homme bleu et une toute jeune Asiatique détenant, dans ses petits doigts atrocement brûlés, le secret d’Eddie et de sa destinée…

    Par un grand plaisir, j'ai retrouvé Mitch Albom pour ce second roman que je lis de lui. Une petite pointe de regret de ne l'avoir lu en VO, ce qui n'a en rien entaché ma lecture.

    "Voici le cadeau le plus important que Dieu puisse te faire : comprendre ce qui s'est passé dans ta vie."

    Je ne peux encore le certifier avec seulement deux lectures, dans deux langues différentes qui plus est, j'aurais néanmoins tendance à être charmée par le style de l'auteur. J'apprécie tout particulièrement le calme qui se propage dans mon corps au cours de ma lecture.

    "Des inconnus ne sont jamais que des proches que l'on ne connaît pas encore."

    Mitch Albom traite simplement de grands sujets. Pas de fioriture, de mise en scènes complexes ou d'émotions à tout va. Même un sentiment de colère ou d'agacement d'un personnage est relaté si simplement que l'on ne subi pas, en tant que lecteur, ces sensations. Un peu à la manière d'une bulle au travers laquelle un certain pan du monde serait aperçu. Les choses sont bien ce qu'elles sont, sans pour autant qu'elles nous atteignent, nous laissant à la place dans une sérénité constante.

    Il est rare que les parents lâchent leurs enfants, du coup ce sont leurs enfants qui les lâchent.

    Eddie va recevoir cinq leçons par les cinq personnes qu'il va rencontrer les unes après les autres. Toutes suivent le principe que tout arrive pour une raison. Pas que tout est écrit et défini par avance, simplement que ce qui se produit peut s'expliquer une fois mis en corrélation avec d'autres éléments invisibles ou inconnus alors.

    "Si tu réfléchis, t'es foutu."

    Ces personnes vont permettre à Eddie de partir sereinement. Il va apprendre à ne plus avoir de regret, à pardonner et à accepter sa vie telle qu'elle a été.

    "La vie a une fin, c'est inévitable, pas l'amour qui, lui, est infini."

    Un livre court, rapide à lire qui calme l'esprit. Un moment qui fait du bien. Je me laisserai volontiers tenter par un autre roman de l'auteur.

     


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