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    Struck : Comment foudroyer sa réputation en un éclair

    Struck : Comment foudroyer sa réputation en un éclair
    De : Chris Colfer

    2013 - Michel Lafon

    Adapté en film : Struck

    Resumé

    Carson Phillips est prêt à tout pour entrer dans la fac de ses rêves… et par la même occasion, laisser derrière lui une mère dépressive et une ville misérable. Même s’il lui faut, pour appuyer sa candidature, lancer seul un magazine littéraire. Malheureusement pour lui, les étudiants ne semblent guère capables d’écrire autre chose que des textos. Qu’à cela ne tienne, l’adolescent est aux aguets, et surtout il n’a plus rien à perdre. Après tout, qu’arriverait-il si le beau gosse du lycée apprenait que sa petite copine pom-pom girl couche avec le coach dans son dos ? Ou que la première de la classe n’hésite pas à envoyer des photos d’elle nue à n’importe qui sur Internet ? Pour parvenir à ses fins, Carson a une nouvelle stratégie toute trouvée : il se transforme en maître chanteur. Mais à force de jouer les corbeaux, ne risque-t-il pas de se brûler les ailes ?


    Avis

    Le roman se présente sous forme de journal. Je n'ai jamais été très attirée par ce choix de narration. Pourtant, Chris Colfer l'utilise très bien. Il a su capter mon attention et m'accrocher avec son "je". J'ai enfilé les baskets de Carson sans aucune difficulté.

    Si vous vous sentez un peu dépassés, imaginez comment moi je me sens, moi qui doit être à la hauteur de mon futur moi tous les jours. C'est épuisant !

    Pourtant, ce n'était pas gagné. Carson n'est pas le genre de personnage que j'affectionne : prétentieux, imbu de lui-même, la modestie l'écorche et impatient. Toutes les caractéristiques de l'homme idéal réunies en un seul personnage. Mieux encore : Carson se présente à nous ainsi (caractère qu'il possède réellement) dès les premières pages. De quoi faire rêver, non?

    C'était le pire des sentiments que de se sentir comme tout le monde.

    Le livre étant court, je me suis dit que j'irai quand même au bout, à moins que Carson ne devienne réellement indigeste. J'ai découvert rapidement un trait qui a su m'accrocher : le sarcasme. Je raffole d'ironie et de sarcasme. Carson s'en donne à coeur joie ! Son caractère me permet de lui attribuer ce bon point.

    Ce qui m'irrite le plus, c'est que nous lâchions des gamins dans le monde sans qu'on leur ait enseigné à tenir leurs comptes, demander un prêt, ou même répondre à une offre d'emploi.

    Je me suis beaucoup retrouvée dans ses réflexions sur le lycée et les ados qui le composent, ainsi que sa vision de la société. Oui, j'ai pensé des choses de ce genre.

    Lorsqu'au fil de la lecture l'histoire de maître chanteur fait son apparition -bien évidemment, je n'avais pas lu le résumé-, j'ai craint pour la suite. Peur que ce soit mal exploité, que la suite soit bateau, du type l'arroseur arrosé. Que nenni !

    Peut-on prendre un moment pour remercier Internet? Sérieux, sans Internet et sans le besoin des ados de mettre en ligne des photos provocantes d'eux-mêmes, toute cette histoire n'aurait pas été possible !

    L'auteur a proposé un tout autre développement au récit et au personnage de Carson. Il a conservé sa personnalité du début à la fin du roman, ne me méprends pas sur ce point. Il a juste cessé de voir forcément tous les autres comme des écervelés bon à rien.

    J'ai dit que j'essayais d'être poli. Je n'y suis pas encore arrivé tout à fait.

    La vie n'est pas aussi facile qu'elle en a l'air ou que Carson lui-même le fait savoir. Tout le monde ne possède pas sa détermination sans faille. Il va en manger des obstacles, s'en prendre en pleine poire. C'est sûrement ce qui peut expliquer sa personnalité.

    Struck m'a plu malgré les premiers abords avec le côté journal et un Carson antipathique. L'évolution de l'histoire, à laquelle je ne m'attendais pas, ouvre une nouvelle perspective.

    Parfois, je me dis que la pire chose que l'on puisse faire à quelqu'un, c'est de l'idolâtrer, ou d'en faire un être surhumain. Vous ne lui donnez ainsi que les moyens de vous décevoir.


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  • La Compagnie Noire, T3 : La Rose Blanche

    VO : The Black Company T3 : The White Rose

    De : Glen Cook

    2007 - Tor Books


    4 intégrales
    ou 13 tomes (terminé)

    Voir aussi :

    La Compagnie Noire T1
    La Compagnie Noire T2

    Resumé

    Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre employeur est légitime ? On nous paye pour la servir.
    Nous sommes la dernière des compagnies franches de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes annales et nous sommes les seuls à porter notre deuil.
    C'est la Compagnie noire contre le monde entier. Il en a toujours été, il en sera toujours ainsi.
    Pourtant, le jour où notre capitaine a signé pour nous enrôler au service de la Dame et de ses Dix Asservis, n'était-ce pas signer avec le Mal lui-même ? N'était-ce pas renoncer à notre âme en allant combattre les rebelles et l'espoir qu'ils placent en la Rose Blanche, la libératrice mythique de ce monde qui ploie sous la sorcellerie ?

    Voici les trois livres du Nord, tels que composés par Toubib, médecin et annaliste de la Compagnie noire.


    Avis

    Ce troisième tome conserve la narration et le rythme de son prédécesseur. Rien d'étonnant à ce que j'ai beaucoup plus accroché sur la deuxième moitié, lorsqu'on ne suit plus qu'un seul personnage.

    As always, old Croaker considered himself the exception of the rule. For the Annals, of course.

    L'histoire, quant à elle, recommence à m'enchanter. On y découvre la White Rose, bien que peu. J'ai surtout aimé son pouvoir, ce qui fait d'elle une menace pour la Lady et le Dominator.

    Le personnage qui me marque le plus dans ce tome est la Lady. Elle refait surface et prend une grande place dans l'intrigue. Grâce à Croaker, elle m'est apparue beaucoup plus humaine, avec des émotions, ce dont je la pensais incapable.

    She had guts, that woman, going on when there was nothing she could win but, perhaps, some small redemption in the eyes of the world.

    Sa présence va perturber Croaker plus que jamais. Je l'ai trouvé partagé entre la Compagnie et la Lady. Et pas pour des sentiments amoureux.

    Le récit fait rapidement entrevoir une bataille à venir. Une grande bataille, des plus importantes pour l'avenir du royaume. Bien qu'elle soit relativement rapide, elle ne s'accompagne pas d'un sentiment d'expédition.

    If the Dominator broke out, we were all in the soup, good guys and bad.

    J'ai tout de même eu une déception dans ce tome, un jeu qui me lasse et ne passera pas la prochaine fois que l'auteur s'y prêtera, même avec de très bonnes justifications. Je ne peux en dire plus sans spoil.

    Dans sa globalité, la première intégrale est satisfaisante et je pourrais m'en tenir là. Sauf que je tiens à savoir ce qu'il adviendra des restes de cette Compagnie Noire qui a été sacrément mise à mal.


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  • La Compagnie Noire, T2 : Le Château Noir

    VO : The Black Company, T2 : Shadows Linger

    De : Glen Cook

    2007 - Tor Books
    4 Intégrales (terminé)

    Voir aussi :

    La Compagnie Noire T1

    La Compagnie Noire T3

    Resumé

    Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre employeur est légitime ? On nous paye pour la servir.
    Nous sommes la dernière des compagnies franches de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes annales et nous sommes les seuls à porter notre deuil.
    C'est la Compagnie noire contre le monde entier. Il en a toujours été, il en sera toujours ainsi.
    Pourtant, le jour où notre capitaine a signé pour nous enrôler au service de la Dame et de ses Dix Asservis, n'était-ce pas signer avec le Mal lui-même ? N'était-ce pas renoncer à notre âme en allant combattre les rebelles et l'espoir qu'ils placent en la Rose Blanche, la libératrice mythique de ce monde qui ploie sous la sorcellerie ?

    Voici les trois livres du Nord, tels que composés par Toubib, médecin et annaliste de la Compagnie noire.


    Avis

    Ce qui m'avait plu dans la structure du roman m'a ici manqué. Les chapitres sont plus courts - donc plus nombreux - ce qui a grandement aidé ma lecture en VO. Je n'ai en revanche que peu apprécié la nouvelle narration qui fait une alternance entre deux personnages. Ce choix a du sens au vu de la fin du premier volume. Suivre les deux personnages semble tout ce qu'il y a de plus normal. Ca ne m'a pas plu. Il n'y a rien qu'on puisse y faire. Je fais face grâce à ce livre à une vérité que j'avais eu tendance à renier : je ne raffole pas de différents narrateurs.

    All men are born condemned, so the wise say. All suckle the breast of Death.

    L'histoire a aussi changé sur un autre point : le rythme. Pas de combats à tout va ici. La guerre est passée dorénavant. Le pays est calme. La compagnie, sous les ordres de la Lady, traque les derniers rebelles. Passionnant, n'est-ce pas?

    Une histoire plus linéaire donc. Pas de sauts d'un endroit à un autre. La compagnie prend le temps de se déplacer et de faire partager sa marche. De plus, une seule destination en vue, le lieu où se passera principalement le récit.

    You try your damnedest, but something always foes wrong. That's life. If you're smart, you plan for it.

    Autant dire, de gros changements dans la construction du récit. J'ai eu du mal à y faire face. Je l'ai rejeté de tout mon être. Ca m'a quelque peu gâché la lecture. Mais j'ai tenu bon. Sans regrets.

    Un nouveau personnage fait son entrée du côté de Raven. Il va beaucoup évoluer au contact de l'ex-mercenaire. De trouillard il deviendra rusé.

    We never play fair if we can avoid it. The Company philosophy is to maximize effectiveness while minimizing risk.

    Le point central fera son apparition assez tôt. Entouré de brouillard, l'intérêt qui y sera porté ne permettra d'en savoir plus que plus tard. Le Château noir, cette bâtisse mystérieuse dont personne n'ose s'approcher cache un bien sombre secret que nos personnages vont découvrir.

    My respect for the old devil rose. Crafty bastard.

    Ce tome ne m'a pas emporté. Il possède son petit lot d'action, une pointe de tristesse, des personnages toujours aussi attachants et ça ne m'a pas suffi. Trop déçue par les changements au niveau de la structure, je n'ai pas beaucoup apprécié ma lecture. Qu'en serait-il du dernier tome de cet intégral?


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  • Métaphysique des tubes

    Métaphysique des tubes
    De : Amélie Nothomb

    2012 - France Loisirs

    Resumé

    Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante.
    L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant...


    Avis

    J'ai découvert Amélie Nothomb avec Hygiène de l'assassin qui m'a fasciné malgré le bémol de la fin devinée. J'ai voulu lire autre chose de cette auteure particulière. Me voici avec Métaphysique des tubes.

    Manger ou ne pas manger, boire ou ne pas boire, cela lui était égal : être ou ne pas être, telle n'était pas sa question.

    Une fois n'est pas coutume, j'avais lu un résumé avant de m'attaquer à la lecture. Il m'a donné quelques informations bien utiles pour ma lecture : Dieu, Plante ou encore Tube font référence au bébé. Avec ces clés en main, il m'aura tout de même fallu un petit temps d'adaptation.

    Faux : Dieu ne se trouvait absolument pas en retard. Qui dit retard dit comparaison. Dieu ne se comparait pas.

    J'ai été séduite par la nouvelle perspective que cette lecture m'a offerte sur les choix et les pensées d'un enfant. Je trouve fascinant de réaliser qu'on pourrait aussi penser de cette manière. Elle a parfaitement de sens dans la tête d'un enfant.

    Pour le punir, je ne le nommerais pas. Ainsi, il n'existerait pas tellement.

    Par exemple, est-ce une idée si saugrenue que de croire qu'enfant on est une divinité lorsqu'on voit la réaction de son entourage pour chaque chose que l'on accomplit?

    -Menteuse ! Les ânes, ça ne parle pas.
    Zut. J'avais oublié ce détail. Je m'obstinai néanmoins

    Cette vision est portée par une narration simple, sans chichis et très imagée. Le tout dans une très belle édition de France Loisirs dont je préfère la couverture aux autres éditeurs.

    Je suis conquise par cette lecture singulière qui fut un délice tant par le style de l'auteur que par ce qu'elle raconte. Je dis "oui" pour un autre Amélie Nothomb !

    Mieux qu'un pachyderme en peluche, ça n'existait pas. Je présageai le pire.


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  • La Compagnie Noire, T1 : La Compagnie Noire

    VO : The Black Company, T1

    De : Glen Cook

    2007 - Tor Books
    4 Intégrales (terminé)

    Voir aussi :

    La Compagnie Noire T2
    La Compagnie Noire T3

    Resumé

    Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre employeur est légitime ? On nous paye pour la servir.
    Nous sommes la dernière des compagnies franches de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans les présentes annales et nous sommes les seuls à porter notre deuil.
    C'est la Compagnie noire contre le monde entier. Il en a toujours été, il en sera toujours ainsi.
    Pourtant, le jour où notre capitaine a signé pour nous enrôler au service de la Dame et de ses Dix Asservis, n'était-ce pas signer avec le Mal lui-même ? N'était-ce pas renoncer à notre âme en allant combattre les rebelles et l'espoir qu'ils placent en la Rose Blanche, la libératrice mythique de ce monde qui ploie sous la sorcellerie ?

    Voici les trois livres du Nord, tels que composés par Toubib, médecin et annaliste de la Compagnie noire.


    Avis

    Quelques réflexions furent nécessaires pour savoir comment j'allais présenter cette première intégrale qui regroupe 3 tomes. J'ai décidé d'opter pour une avance tome par tome afin d'être plus libre dans mes propos. Je déconseille de ce fait de lire mon avis du tome 2 si le précédent n'a pas été lu au risque de (gros) spoil !

    Par ailleurs, ayant lu le livre en VO, j'utiliserai les patronymes anglais. Pour la simple et bonne raison que les noms ont été "traduits" en français et que j'ignore les nouveaux noms (ex : Croaker = Toubib).


    Tome 1 : La Compagnie noire

     

    Ah, the smell of mystery and dark doings, of skulddugery and revenge. The meat of a good tale.

    L'anglais du début m'a donné du fil à retordre. Au point que j'ai traduit presque tous les mots des dix premières pages ! Au moins, je comprenais ce que je lisais...

    Je n'ai pas accroché immédiatement à la compagnie. Je les ai approché doucement, j'ai fait connaissance, je les ai apprivoisé pour finir par les apprécier tels qu'ils sont.

    "We aren't heroes," the Captain continued. "We're tough. We're stubborn. We try to honor out commitments. But we don't die for lost causes."

    Les hommes de cette compagnie ne sont pas des héros. Ce ne sont que des êtres humains, qui plus est des mercenaires. Un mercenaire fait-il plus attention à ce qui est juste ou à l'argent qui lui est versé?

    L'honneur et le respect sont néanmoins très présents au sein de cette compagnie qui pourrait se rapprocher d'une confrérie. Ils ne se sont pas simplement regroupés pour faire de l'argent. Ils forment une famille : la seule que chacun possède.

    Not all of them were friends, but they were family. The only family you had.

    Chacun dispose de son propre caractère, de son humour, sa part de mystère, ses joies et ses peines... N'espérez cependant pas en savoir davantage sur le passé du personnage auquel vous vous attacherez. Quand on intègre la compagnie, on laisse son passé dernière soi.

    For most of us the Black Company is a hiding place, a refuge from yesterday, a place to become a new man.

    À la place, on va en apprendre plus sur le monde dans lequel évolue la compagnie et notamment leur nouvel employeur. Plus l'intrigue avance et plus l'iceberg semble s'agrandir. À tel point que c'est à se demander si ce qui est dévoilé n'est pas insignifiant en comparaison de l'intégralité. Ce principe m'a séduite. Découvrir un élément, un autre, des petits morceaux de-ci de-là qui masquent des complots bien plus imposants et dont on se demande où ils nous mèneront.

    We fight for money and an indefinable pride. The politics, the ethics, the moralities, are irrelevant.

    Le rythme de l'histoire est aussi un très bon point de ce premier tome. De l'action, de l'action et encore de l'action. D'un chapitre à l'autre on se retrouve d'un combat à un autre dans un endroit différent du premier. La bataille ne sera pas forcément immédiate, des temps morts existent bel et bien durant lesquels nos mercenaires se plaisent à jouer aux cartes.

    No one will sing songs in our memory. [...] We are our only mourners.

    Je ne pensais pas que cette histoire me plairait. Le début me laissait indifférente, le récit était long et lent au commencement (notamment les premières parties de cartes). Je me voyais déjà laisser la série de côté et avec gaieté. Puis j'ai passé un cap. L'étincelle s'est créée. J'ai fait partie de la compagnie.

    Why the Black Company?
    We are the best.


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