• Orgueil et préjugés

    Orgueil et préjugés
    De : Jane Austen

    2004 - 10/18

    De la même auteure : 

    Northanger Abbey

     

    Challenge :
    50 livres à lire avant de mourir

    Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.


    Après plusieurs lectures que je qualifierai de "contemporaines", une joie immense m'a traversé en ouvrant Orgueil et préjugés. Il ne faut pas se leurrer : c'est beau. Le style est merveilleux, le vocabulaire utilisé un régal. Je n'ai rien contre les romans d'aujourd'hui. Je regrette juste parfois qu'ils emploient un langage trop "familier" ou trop "banal". Plus aucune recherche littéraire. Parfois, ça me manque de lire un bon roman bien écrit. Jane Austen répond sans problème à ce type d'attente. Alors, envie d'une belle plume?

    La vanité et l'orgueil sont choses différentes, bien qu'on emploie souvent ces deux mots l'un pour l'autre ; on peut être orgueilleux sans être vaniteux.

    Et si on couplait l'écriture à l'histoire en elle-même? Quel genre d'équation on obtiendrait?

    - Ceux qui ne changent jamais d'opinion doivent naturellement veiller à juger du premier coup sans se tromper.

    Élément principal de cette opération : Elizabeth. C'est une jeune femme. Je suis une jeune femme. Rapprochement facile, non? Ce paramètre joue. J'accroche énormément à un personnage principal me ressemblant et si en plus elle est dotée d'un fort caractère, j'ai touché le gros lot. Avec Lizzy, j'ai eu le premier prix de la loterie ! Elle est intelligente, elle arrive à tourner ses phrases afin de lancer des piques ou faire part de son mécontentement certain sans pour autant être agressive (à l'exception de sa fameuse réponse à la proposition de Darcy). Elle est aussi courageuse et fière d'elle-même. Si elle ne l'était pas, elle n'aurait pas pu posséder cette prétention de refuser des demandes en mariage au vue de sa situation.

    - Vous vous trompez tout à fait ; mes réflexions étaient d'une nature beaucoup plus agréable : je songeais seulement au grand plaisir que peuvent donner deux beaux yeux dans le visage d'une jolie femme.

    Pour tout cela et bien plus, j'admire Elizabeth. Elle a beau être celle concerné par les "Préjugés" du titre, elle n'en reste pas moins ouverte d'esprit, tâche qui est plus ou moins difficile selon le contexte. Ce type de personnage est comme un modèle pour moi. Je regrette de ne pas avoir fait sa rencontre plus tôt !

    Ne me prenez pas pour une coquette qui prendrait plaisir à vous tourmenter, mais pour une personne raisonnable qui parle en toute sincérité.

    Et Darcy ! Ce cher Mr Darcy !

    - Il est certain que, de ces deux hommes, l'un possède les qualités et l'autre en a l'apparence.

    Je n'en suis pas tombée follement amoureuse. Charmée, je le suis. Je ne pouvais rester totalement indifférente à un tel homme, surtout lorsqu'on apprend à le connaître. L'orgueil est son défaut premier. Un défaut qu'il peut bien se permettre d'avoir et qu'il arrive à justifier auprès du lecteur. Quel charisme ! Peu bavard, mystérieux, pas si présent que cela, je ne cessai pourtant d'attendre après lui. J'avais hâte de le retrouver.

    Il lui arrivait souvent de rester dix minutes sans ouvrir la bouche, et, quand il parlait, il semblait que ce fût par nécessité plutôt que par plaisir.

    Leur histoire d'amour est belle à faire rêver. Non pas pour le côté "Elle est d'un statut social plus bas que le sien pourtant ils sont ensemble". Plutôt parce qu'ils prennent le temps. Alors qu'aujourd'hui tout est instantané et rapide, ces personnages laissent le temps s'écouler, le temps à leurs sentiments de mûrir, de grandir. Et c'est tout à fait normal dans leur société.

    [...] puisque nous voyons tous les jours que les jeunes gens qui s'aiment se laissent rarement arrêter par le manque de fortune, comment pourrais-je m'engager à me montrer plus forte que tant d'autres en cas de tentation? Comment, même, pourrais-je être sûre qu'il est plus sage de résister?

    Pour autant, le roman n'est pas lent ou ennuyeux. Il est passionnant. Je réalise que c'est un livre que je garderai toute ma vie dans ma bibliothèque (je changerai juste l'édition, histoire d'en avoir une toute belle !)

    Mettez-vous à l'école de ma philosophie, et ne retenez du passé que ce qui peut vous donner quelque plaisir.

     


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