• Passeport pour le Groenland : journal d'un cherheur de coincoins

    Passeport pour le Groenland

    Passeport pour le Groenland : journal d'un chercheur de coincoins

    De : Sébastien Laurier
    Editeur : Elytis

    Genre : Voyage

    "Je suis un chercheur de coincoins"

     

    Je ne suis ni un aventurier, ni un explorateur, ni un businessman, ni un promeneur. Je veux juste marcher et observer. Je suis un chercheur de coincoins.

    Habituellement, je n'emprunte pas de romans à la médiathèque, parce que j'ai tendance à être longue à la lecture, à moins que l'histoire ne me passionne véritablement. Mais ce titre échappa à mes habitudes. Il a réussi à se frayer un chemin jusque chez moi, armé de son courage et de ses promesses de voyage. Ce qui m'a fait changer d'avis, surtout, c'est sa taille compacte et le peu de lecture qu'il contenait véritablement. Il avait toutes les qualités pour finir dans mon sac. Et moi qui suis avide de voyage et d'évasion vers de nouvelles terres, j'étais bien curieuse quant à lire un carnet de voyage, d'autant plus sur le Groenland, une ile qui n'est pas la destination première de tout vacancier, ou voyageur. Franchement, vous vous êtes déjà dit "Tiens, je partirai bien faire un trip au Groenland cette année !". Sébastien Laurier oui.

    Il découvre un jour un projet de la NASA. Ce dernier impliquait des canards en plastique jaune, comme ceux que l'on trouve parfois dans le bain des enfants. La NASA a lâché plusieurs coincoins dans les glaciers du Groenland pour mesurer la fonte de ceux-ci. Seulement, aucun coincoin n'a jamais été retrouvé. Sébastien, curieux et voyageur, partit donc à leur recherche.

    Une quête n'est ni une compète ni une conquête. Dans conquête, il y a deux mots : con et quête. La conquête, c'est la quête con. Dans le mot compète, il y a con et pète. La compète, c'est un peu con mais c'est quand même rigolo.

    Notre aventurier surnomme les petits canards en plastique des coincoins. Un terme mignon, enfantin et drôle. De quoi mettre également le lecteur plus à l’aise, l'impliquer davantage, le rendre plus familier avec sa quête et lui-même. On se sent comme ami avec Sébastien lorsqu'il utilise des termes aussi familiers.

    En même temps, c'est un carnet de voyage. Une sorte de journal intime qui ne parle que du voyage mené. Il est donc normal que le ton employé soit familier. Qui s'amuse à faire de grandes phrases, mettre des "vous" et bien écrire dans un journal? Comme si c'était notre préoccupation première au moment de l'écriture !

    Dérisoire bout de plastique au fond d'une poche, coincoin n'en est pas moins mon compagnon et je me sens responsable de lui.

    Par contre, à des moments j'aurais préféré que Sébastien prenne un peu plus le temps d'écrire. Je ne souhaite pas en avoir plus que le livre qu'il a écrit déjà, juste que par moment, un petit mot en plus n'aurait pas fait de mal. Je pense principalement aux pronoms personnels, surtout ceux en début de phrase. Très souvent, il est sauté. Par exemple, on a plus "Je n'ai pas fait..." mais directement "ai pas fait". C'est minime, je l'accorde. Mais sur l'ensemble du livre, par moment, ça manque cruellement, alors qu'à d'autres, ça passe.

    Comme un canard en plastique, les choses peuvent me glisser dessus sans m'atteindre.

    Ce que j'ai par contre grandement apprécié dans ses écrits, c'est qu'il a totalement évité le passage de déprime. Déprime du temps, le moral dans les chaussettes à force de ne rien trouver, être découragé... Et surtout lorsqu'il commence à se rendre compte des maux des habitants vivants ici, de ce qui ne va pas dans la ville. Quand on commence à passer un peu de temps au même endroit, on finit par se rendre doucement compte de la réalité. C'est une bonne chose de réaliser les choses. Mais le carnet de voyage de Sébastien ne s'y prêtait pas. L'idée était d'en faire une aventure drôle, pas d'y mettre de la compassion ou d'y décrire sa tristesse temporaire. Là-dessus, c'est une très grande réussite.

    Comme les neiges, nos rêves ont fondu. Mais les neiges reviennent. Pourquoi pas nos rêves?

    La mise en page "carnet de voyage" est quant à elle exceptionnelle. C'est beau ! Si beau qu'on s'y croirait. Le fond de page est le papier d'un passeport. On voyage déjà à peine le livre ouvert. On y trouve en plus de très nombreuses illustrations qui achèvent de nous transporter. Le tout colle parfaitement avec le fait que Sébastien ne s'étale pas dans son carnet (contrairement à moi). Il ne relate que des faits et arrive à être concis, ce qui accentue davantage cette idée de voyage, comme s'il n'avait pas véritablement le temps d'écrire à chaque fois tant il avait à faire.

    Tous les enfants reçoivent une poche de bonbons. Pas moi. C'est trop injuste.

    Revenons-en à une chose importante : Les coincoins. C'est une idée folle. Folle et tellement fun que j'aurais eu la même réaction que les gens qu'il a rencontré au Groenland. La quête des coincoins est tellement incongrue qu'on a envie de le suivre immédiatement, suivant notre instinct de chasseur de trésors.

    Arrivée à la fin, je suis restée perplexe. D'un côté, j'ai regretté que ce n'ait pas été romancé pour avoir un peu plus d'aventures et de coincoins. D'un autre, j'apprécie vraiment le côté véritable de ce qu'il raconte. C'est ainsi que ça s’est passé et pas autrement. Il n'a pas cherché à en rajouter juste pour que des gens soient satisfaits. Mais là, ce n'est que moi qui n'arrive pas à me décider.

    Quoiqu'il en soit, Sébastien m'aura fait voyager dans un pays gelé où je n'aurais jamais pensé mettre les pieds auparavant. Et en plus, j'ai terriblement eu l'envie de partir à la chasse aux coincoins.


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  • Commentaires

    1
    Samedi 21 Décembre 2013 à 18:17
    Luthien

    Oh il a l'air sympa ce livre !

    Il en a trouvé finalement à la fin des coincoins ?

    2
    Lundi 23 Décembre 2013 à 11:04

    Eh bien... C'est vraiment parce que tu le demandes que je te réponds : Non, il n'en a pas trouvé i___i

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